Apporter du bien-être, donner, être à l’écoute, tels sont les fondamentaux d’un engagement bénévole selon Bernadette Mérouze, Présidente de l’association de Saint-Germain du Crioult dans le Calvados.

Depuis 2015, après une vie professionnelle comme aide-soignante puis animatrice en maison de retraite, Bernadette Mérouze s’engage dans l’association de Saint-Germain du Crioult, village de 900 habitants faisant partie de la commune nouvelle de Condé en Normandie dans le Calvados. Avec humilité, respect et bienveillance, elle donne de son temps pour faire vivre son association et faire en sorte que les adhérents trouvent plaisir à s’y retrouver.

J’ai choisi d’agir auprès des personnes âgées car j’ai besoin de donner. C’est en moi… A la retraite, passage toujours un peu délicat, il me fallait poursuivre dans cette voie et c’est ainsi que je suis entrée à l’association alors que j’étais toujours en activité. Et puis, la solidarité que l’on retrouve dans la vie associative, elle est peut-être en moi depuis ma naissance puisque j’ai appris à partager au berceau en ayant un frère de lait…

Depuis que je suis présidente, je m’occupe à fond de l’association dans le respect de la liberté d’expression, de l’autre, des différences.

Bernadette Mérouze

Présidente

Club de Saint-Germain-du-Crioult (14)

L’humain doit être au cœur de notre action

J’ai partagé, avec tous et de façon claire et ferme, la vision que je souhaite pour notre fonctionnement, à savoir prendre toujours en compte et en priorité l’humain, et j’ai donné la direction à suivre avec un mot clé : la bienveillance. Les adhérents et les membres du Conseil d’administration ont approuvé. Maintenant, je peux agir dans un climat de confiance réciproque et j’ai les outils pour cela.

La formation que j’ai suivie pour devenir animatrice m’a beaucoup apporté

J’ai appris à écouter, à fédérer, à travailler en équipe et à maîtriser les aspects de gestion. Quand je propose de nouvelles façons de faire dans nos activités, qui parfois sont très modestes, nous en débattons. Quand une personne, responsable ou adhérent, émet une idée, je ne dis ni « oui » ni « non », nous en discutons et regardons ensemble la faisabilité. Toutes les décisions sont prises collectivement. Je mets toujours le groupe en avant car toute seule, je ne suis rien. Le rôle de présidente pour moi est d’impulser, d’encourager. Mais sans le collectif, une présidence est une coquille vide !

Assemblée générale du 16 janvier 2020 - Crédit photo : lamanchelibre.fr

La réalisation de soi, quel que soit l’âge, est possible

Une association est un lieu formidable pour cela ! J’ai aussi la conviction qu’une association peut aider à la réalisation de soi et je donne à chacun la possibilité d’y parvenir. Les membres du Bureau et du Conseil d’administration choisissent leur engagement en fonction des domaines dans lesquels ils sont à l’aise. Cela fait tellement du bien de voir des bénévoles s’épanouir grâce à leur responsabilité et à leur réussite dans ce qu’ils ont entrepris !
Je tiens également à évoquer le rôle de la Fédération départementale. Les guides de l’Institut de formation des responsables associatifs (Ifra), la disponibilité des administrateurs de la Fédération permettent aux présidents de clubs d’être rassurés. J’ai besoin de conseils et la Fédération est toujours présente, répond à nos questions de façon très réactive. Je sais sur qui m’appuyer et c’est essentiel. Je ne suis pas toute seule. J’ai pris la présidence de l’association car je savais qu’il y avait du répondant, des gens compétents à la Fédération. C’est une vraie sécurité.

Rester à l’écoute, quels que soient les conditions

L’association comptait 45 adhérents en 2015, aujourd’hui, 185 avec une moyenne d’âge qui est passée de 85 à 73 ans…
Je prends le temps pour que de nouvelles activités voient le jour avec le consentement de tous. Avec les plus anciens, je veille à garder une relation de proximité forte pour que l’augmentation des adhérents ne se fasse pas au détriment de la relation. Il faut apprendre à vivre ensemble.

Mme-Merouze-20-2-recadre

J’ai aussi le souci de montrer qu’être présidente, c’est plaisant. On donne et on reçoit beaucoup. Ce n’est pas dur et cela ne prend pas autant de temps que cela si on sait faire confiance, déléguer, le tout dans une bonne ambiance et avec le sourire. Il faut préparer sa succession… Et que chacun puisse se dire qu’il peut se réaliser pleinement en prenant des responsabilités. Je tiens, lorsque je quitterai la présidence, à avoir la satisfaction d’avoir donné, reçu, aidé l’association à devenir ce qu’elle est et la laisser « saine » aux suivants pour qu’ils puissent continuer à agir pour l’épanouissement des adhérents.

En cette période singulière de confinement, je prends très régulièrement des nouvelles des adhérents par téléphone. Ils sont nombreux à être inquiets sur l’avenir… Beaucoup ont peur et en même temps beaucoup aimeraient retrouver les rencontres du club…

Nous sommes humbles et attendons avec patience des jours meilleurs.

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