Le 3 juillet 2026 aura lieu la Journée mondiale sans sac plastique. Elle s’inscrit dans une démarche de sensibilisation et de lutte contre la pollution plastique afin de préserver les écosystèmes terrestres et marins. Au cours des Journées nationales du mois de mai 2026 à Ronce-les-Bains, les participants de vos fédérations départementales ont pu assister à une conférence sur le plastique et son impact majeur sur la faune et la flore, animée par Muriel Papin de l’association « No plastic in my sea ». Nous en présentons les grandes lignes, et plus largement, quelques pistes et actions pour limiter son utilisation.
Une situation alarmante pour les écosystèmes
La pollution plastique est causée par la dispersion et l’accumulation, dans l’environnement, de déchets composés de matières plastiques. Elle est aussi due aux produits de dégradation dispersés dans l’environnement au fur et à mesure que le plastique se dégrade (nanoplastiques). Tous les milieux sont concernés : les fosses océaniques, les fleuves, les glaciers, les sols, l’air et notre propre corps.
Comprendre les causes profondes
Le plastique est un matériau issu du pétrole ; plus précisément, il est fabriqué à partir du naphta, un liquide transparent obtenu après la distillation du pétrole. On y ajoute plus de 16 000 additifs chimiques. Il est non biodégradable et faiblement recyclable (27 % est recyclé en France, 9 % dans le monde ; pour le reste, 43 % sert à la valorisation énergétique et 32 % termine enfoui dans des décharges).
Les plastiques recyclables appartiennent aux familles des polyéthylènes téréphtalates (PET), des polyéthylènes haute densité (PEHD) et des polypropylènes (PP). Les bouteilles (eau, sodas, yaourts à boire, huile alimentaire, lessive, etc.) et les flacons (gel douche, shampoing, sauce, liquide vaisselle, etc.) sont des déchets recyclables. Les autres restent difficiles à traiter : c’est le cas des emballages trop fins ou trop légers, comme les films plastiques, ou les sacs en plastique, ou les jouets et la vaisselle en plastique dur.
Lié à nos usages et à nos modes de consommation (25 millions de litres d’eau en bouteilles plastiques sont consommés par jour, avec un taux de collecte et de recyclage qui atteint 55 %, loin des 77 % attendus aujourd’hui et des 90 % visés pour 2029), sa production est en constante augmentation, malgré les programmes de réduction mis en place par l’état.
Pourquoi ? Il est souvent moins cher à produire pour les industriels que d’autres matériaux, il garantit l’étanchéité des emballages alimentaires, il peut isoler les bâtiments, les tuyaux et les appareils électroménagers. Il est également présent dans les textiles (polaires, lycra, polyester…) : 71 % des textiles produits dans le monde sont synthétiques), car il présente une grande résistance, une bonne imperméabilité et une bonne tenue dans le temps. Problème : au lavage, des microfibres plastiques sont relâchées dans les cours d’eau, puis les océans.
Le plastique et notre santé
Il impacte notre environnement et crée de multiples pathologies, notamment dues à la toxicité des composants chimiques libérés lorsqu’il se dégrade.
Il peut affecter nos organes comme le foie ou encore le système respiratoire, provoquant essoufflements, inflammations ou encore des fibroses, voire, dans certains cas plus graves, un cancer des poumons. Certains additifs, comme les phtalates, sont des perturbateurs endocriniens ; ils interfèrent avec nos hormones, provoquant une baisse de la fertilité, des retards de développement, des cancers…
Tous nos organes sont contaminés par les micros-plastiques et nano plastiques.
Quelles solutions et quels acteurs ?
L’état a publié en 2020 la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire afin d’accélérer le changement de modèle de production et de consommation et de limiter les déchets afin de préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.
Elle se décline en cinq grands axes : sortir du plastique jetable ; mieux informer les consommateurs ; lutter contre le gaspillage et pour le réemploi solidaire ; agir contre l’obsolescence programmée ; mieux produire et prévoir la fin progressive de la mise sur le marché des emballages à usage unique pour 2040.
Depuis le 1er janvier 2021, une contribution fondée sur les déchets d’emballages plastiques non recyclés a été introduite en tant que nouvelle source de recettes pour le budget 2021-2027 de l’Union européenne.
Au 1er janvier 2022, l’interdiction des pailles, couverts jetables, touillettes et couvercles a été mise en place, ainsi que le déploiement du dispositif de vrac obligeant les vendeurs à accepter les contenants apportés par les consommateurs.
Le 1er janvier 2023, c’était au tour de l’interdiction de la vaisselle jetable dans les fast-foods.
Puis, le 3 juillet 2024, une directive a rendu obligatoires les bouchons attachés au goulot pour toutes les boissons en bouteille plastique jusqu’à 3 litres, afin de limiter leur dispersion dans l’environnement. Par ailleurs, ces bouteilles devront être fabriquées à partir d’au moins 30 % de plastiques recyclés.
Enfin, au mois de juin 2026, le ministre délégué chargé de la Transition écologique a engagé une concertation nationale auprès des industriels, représentants des collectivités territoriales, parlementaires, associations et experts du sujet pour structurer une filière d’économie circulaire sur le plastique plus performante.
Le plan d’action présenté lors du Conseil de planification écologique s’articule autour de trois axes :
- Réduire les emballages inutiles, accélérer l’écoconception et développer des alternatives durables (le meilleur plastique, c’est celui que l’on ne produit pas).
- Construire une filière industrielle française avec des standards communs, des infrastructures adaptées et des modèles économiques pérennes.
- Renforcer les capacités de collecte, de tri et d’incorporation de matières recyclées.
Cependant, la loi n’est pas toujours respectée ; par exemple, malgré l’obligation d’avoir des fontaines à eau dans les établissements recevant du public, trois ans plus tard, la majorité des Français qui utilisent régulièrement une gourde ne peuvent toujours pas la remplir facilement lors de leurs déplacements.
(Pour trouver rapidement une fontaine ou un point d’accès à l’eau potable gratuitement près de vous, voici une application https://watermap.fr/)
Les associations peuvent agir pour faire progresser les lois et dénoncer leurs non-respects :
- Organiser des ramassages de déchets en participant notamment à l’opération « 50 ans 50 tonnes » organisée par Générations Mouvement.
- Interpeller les marques et les investisseurs afin qu’ils développent des matériaux alternatifs, biodégradables ou plus facilement recyclables (associations de consommateurs).
- Il est également possible de signaler le non-respect de cette obligation via l’application de la DGCCRF
« Signalconso ». - Consommer différemment, à titre individuel ou en groupe, comme, par exemple, fabriquer ses produits de beauté ou dentifrice soi-même. Un atelier de « DIY » (Tout faire soi-même) proposé lors des Journées nationales à Ronce-les-Bains a permis aux participants de réaliser, de façon ludique, une crème de soin.
- Utiliser des gourdes afin de s’hydrater pour réduire l’achat des bouteilles en plastique (chaque participant présent aux Journées nationales a reçu une gourde isotherme logotée « 50 ans »).
En conclusion, si nous réduisons notre empreinte plastique en produisant et en consommant différemment, nous pourrions avoir un impact réel sur la réduction des matières plastiques.
Sources : https://noplasticinmysea.org/
https://www.ecologie.gouv.fr/loi-anti-gaspillage-economie-circulaire