Même si l’envoi d’un e-mail peut sembler anodin, ce petit objet numérique est loin d’être neutre.
Un e-mail, ça pèse combien ?
Envoyer un e-mail, c’est un clic qui a un poids : un message transite par des réseaux et il est stocké, souvent pendant des années, dans d’immenses centres de données (data centers ) qui tournent jour et nuit et doivent être refroidis en permanence.
Les estimations de l’Agence de la transition écologique (ADEME) :
Type d’e-mail | Émissions |
1 e-mail simple (sans pièce jointe) | 4 g de CO₂e |
1 e-mail avec pièce jointe | 35 g de CO₂e |
Cela peut sembler peu. Mais multiplié par les centaines ou milliers d’e-mails que nous échangeons au fil des mois le total devient vite conséquent. D’autant qu’en France, nous gardons en moyenne entre 10 000 et 50 000 e-mails inutiles dans nos messageries, comme nous le rappelions dans notre précédent article sur l’opération « Faites du tri dans votre messagerie ».
Le grand ménage de l’équipe : le bilan en chiffres
Par cette opération, Générations Mouvement invite les clubs, adhérents et partenaires du réseau à alléger leurs boîtes mail. Dans le cadre de notre démarche RSO (responsabilité sociétale des organisations), nous avons voulu montrer l’exemple : à l’occasion de la Semaine européenne du développement durable, les 9 personnes de l’équipe salariée ont consacré du temps à un grand tri collectif de leurs messageries professionnelles.
Verdict : 33 858 e-mails supprimés !
Voici un rapide calcul pour vous donner une idée de l’impact positif de ces suppressions. Nous avons considéré, de façon volontairement prudente, que la moitié de ces e-mails était des e-mails simples et l’autre moitié des e-mails avec pièce jointe :
Catégorie | Nombre d’e-mails | Émissions évitées |
E-mails simples (4 g) | 16 929 | 67,7 kg de CO₂e |
E-mails avec pièce jointe (35 g) | 16 929 | 592,5 kg de CO₂e |
Total | 33 858 | ≈ 660 kg de CO₂e |
660 kg de CO₂e, cela représente environ 4 000 km parcourus en avion (source : ADEME). Autrement dit : l’équivalent d’un vol Paris-Dakar. Pas mal pour quelques minutes de tri !
Faut-il pour autant arrêter d’envoyer des e-mails ?
Non, bien sûr. Ces chiffres sont des ordres de grandeur, mais ils nous rappellent que le numérique, souvent perçu comme « dématérialisé », a une empreinte réelle : le secteur représente aujourd’hui environ 4,4 % de l’empreinte carbone de la France.
Pour aller plus loin, nous avons préparé un guide complet de bonnes pratiques numériques, disponible dans notre espace ressource :
Si vous aussi vous vous lancez dans le tri, parlez-en autour de vous : dans votre club, votre fédération, votre entourage. Chaque geste compte !
Précisions : Pour un e-mail « simple », l’ADEME considère un temps de rédaction de 3 minutes, un seul destinataire, qui lirait le message en 10 secondes sur un appareil et un réseau équivalents à ceux de l’expéditeur. L’e-mail est considéré comme stocké pendant 10 ans, côté expéditeur et destinataire, avec un poids de 75 ko. L’ensemble de l’impact (expéditeur et destinataire) est attribué à l’expéditeur. Autrement dit : ces quelques grammes ne viennent pas seulement de l’envoi, mais surtout de l’énergie consommée par nos appareils et par le stockage pendant toutes ces années.